J21 - 8 Octobre - Herbón -> Santiago: 28,5 km

C'est mon dernier jour de marche aujourd'hui. Le déjeuner était communautaire comme l'était le repas d'hier soir.

Hier soir, le repas a fait suite à une visite précédée d'une messe et d'une bénédiction des pèlerins avec remise de diplôme car nous sommes hébergés dans un couvent franciscain qui a une longue histoire.


Il y a beaucoup d'émotion ce matin, parce ce que, pour la plupart, c'est notre dernière étape vers Santiago. Quelques uns d'entre nous vont faire une étape supplémentaire à O Milladoiro.

A 7 h 45, je suis prête à partir, mais je ne veux pas partir seule. Il fait noir.

Je pars avec 2 portugais. Au bout de 500 m, je m'aperçois que le chemin qu'ils me font prendre - celui d'hier - me rajoute 5 km...J'en ai déjà 28 de prévus...Je fais retour arrière à la frontale, m'insère dans le groupe des allemandes qui démarrent. Nous faisons route ensemble jusqu'à Padrón où nous nous séparons. Elles veulent visiter Padrón. Moi non.

Il s'est mis à pleuvoir très peu de temps après notre départ.

A partir de Padrón, il fait bien jour et les pèlerins sont nombreux. Les églises sont fermées, celle de Padrón, et celle d'Iria Flavia toutes les deux historiquement très  importantes pour le chemin. Tant pis.

Nous prenons quelques averses violentes. Les pieds commencent à faire flic floc dans les chaussures. A 2 reprises, je m'abrite sous un auvent. Mais il faut bien avancer. Je me dis que s'il pleut trop, je prendrais la route, c'est plus court, mais c'est plus bruyant, plus désagréable et j'ai aussi peur de me perdre.

Un français qui vit en suisse arrive à ma hauteur. Je passe un moment à échanger avec lui. L'échange est possible quand la pluie se calme un peu. Quand il pleut trop, chacun est enfermé dans son vêtement de protection, seul avec lui-même, dans le bruit du vent et de la pluie, s'appliquant à éviter les flaques et suivre le chemin.

Du biniou ou de la guimbarde dans un passage sous une route, je prends la photo, je donne la pièce...et je repars en laissant derrière le français qui met trop de temps à se remettre en route a mon goût.



A mon 1er arrêt, j'ai fait 12,8 km. Café, tostada beurré à la tomate avec jambon .. j'adore et j'ai encore de la route a faire.

Montée, descente, montée. Petites routes, traversée de la nationale, quelques chemins forestiers faciles, forêts de chênes surtout. Un peu d'eucalyptus. Certains arbres sont déjà en habit d'automne.

Quand nous passons auprès des maisons en campagne, il y des horréos bien sûr, en pierre en principe, comme partout en Galice. Avec la pluie, les horréos n'ont pas eu droit à la photo cette année.

Nous passons sous 2 autoroutes et au dessus d'une voie de chemin de fer. Nous arrivons dans les faubourgs de Santiago, nous voici à O Milladoiro. Peite ville moderne sans cachet. Pour le pèlerin qui passe, son seul intérêt est d'être à 10 km de Santiago et de constituer une possibilté d'étape pour celui qui veut arriver â Santiago le matin.

Après O milladorio, il faut descendre avec un chemin forestier, passer sous une autre autoroute et encore monter, descendre... 

Nous rentrons enfin dans Santiago. Je peux enfin envisager de faire ma pause déjeuner.

2ème arrêt à 2 km de la cathédrale. Je me contente du verre de vin rouge et du "primer plato", une soupe à la verdure: haricots blancs, pommes de terre, et verdure. C'est bien une soupe galicienne, ça. Ça réchauffe, ça fait du bien. Et ça suffira pour ce midi, d'aiĺeurs il est 14 h 40!

Je reprends ma route pour rejoindre la place Obradairo devant la cathédrale, le rendez-vous des pèlerins.

Et j'y arrive vers 15 h 30. Une polonaise que je ne connais pas me prend une photo. L''émotion est là, même si c'est la 4ème fois que j'arrive à Santiago. Il y a eu ces chutes, et la pluie qui ont coloré ce chemin d'une couleur particulière. Et les rencontres aussi toujours si fortes sur le chemin.



Aucune tête connue...tiens, si une ukrainienne qui vit en Russie et sa compagne russe. 

J'appelle Elisabeth qui me rejoint. Déjà arrivée, elle terminait son déjeuner.

Nous allons récupérer notre Compostela et nous montons vers notre auberge, le Seminario Menor. A noter, il pleut toujours. De temps à autre, juste une petite accalmie pour pouvoir enlever la capuche.

Commentaires

  1. Félicitations ! Tu as vraiment bien marché. Ça n'avait pas l'air facile tous les jours. Merci pour ton blog qui m'a fait voyager sur ce chemin très particulier et nourrir mon envie de...repartir à mon tour.
    Bonne journée et bon retour chez toi.

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  2. Après avoir traversé le feu et l'eau, bravo pour un parcours des plus originaux. Bises de retour.

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